http://www.assembly.coe.int/Main.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta08/FRES1605.htm
Le conseil de l'Europe affirme qu'il faut distinguer islam et intégrisme politique.
Autrement dit, il interdit de critiquer l'islam en lui même et de dire que ses textes théoriques donnent comme modèle suprême un homme qui a eu un comportement politiquement intégriste et en pratique guerrier et terroriste.
Autrement dit, il prépare les esprits à l'interdiction pénale de la critique de l'islam, c'est à dire à l'application de la loi islamique qui interdit de le faire, bafouant de façon flagrante la laicité.
Autrement dit encore, puisque l'islam est une religion -entre autres-, le conseil de l'Europe en posant des affirmations sur son contenu, se fait théologien et bafoue là encore de façon flagrante le principe de laïcité.
Il faut avouer que cette phrase par exemple vaut son pesant d'or :
"l’Assemblée salue les efforts déployés par les organisations musulmanes pour mettre en valeur la compatibilité entre l’islam en tant que religion et les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme," :
c'est à dire que le Conseil ne donne absolument AUCUN argument et ne dit même pas que le moindre argument susceptible de soutenir la thése de la compatibilité entre islam et démocratie ait été avancé, non, il dit que cette thèse a été "mise en valeur", c'est à dire qu'on a prétendu qu'elle était bonne, prétendu et répété, mais pas démontré ...
D'une façon générale ce texte est un tissu d'incohérence lorsque l'on connait le contenu de l'islam, mais il est d'une cohérence implacable si on examine sa portée :
en promouvant la pratique de l'islam et en interdisant sa critique, le conseil de l'Europe participe au djihad.
Voici la résolution en cause :
Edition provisoire
Les communautés musulmanes européennes face à l’extrémisme
Résolution 1605 (2008)1
1. Les attaques à Paris en 1995, à New-York en 2001, la vague d’attentats à la bombe qui a, par la suite, frappé Madrid et Istanbul en 2003 et Londres en 2005, et d’autres nombreux complots terroristes évités sur le sol européen ont mis en évidence l’étendue et la gravité de la menace du terrorisme mis en œuvre par des individus qui invoquent l’intégrisme islamique en tant que source d’inspiration. Outre le choc ressenti à la suite de ces attaques, de nombreuses personnes ont été troublées de voir que de jeunes musulmans, qui sont nés et qui ont grandi en Europe, avaient pris part à l’organisation et à l’exécution de ces attentats.
2. L’Assemblée parlementaire met en garde contre toute confusion qui pourrait être faite entre l’islam en tant que religion et l’intégrisme islamique en tant qu’idéologie. L’islam est la deuxième religion en Europe et une composante des sociétés européennes: dans certains Etats membres du Conseil de l’Europe, c’est la religion traditionnelle de la majorité de la population; dans d’autres, c’est la religion de la majorité des immigrés et des citoyens issus de l’immigration, qui représentent une proportion grandissante de la population. L’intégrisme islamique, par contre, est une idéologie extrémiste qui poursuit des objectifs politiques et promeut un modèle de société incompatible avec les valeurs des droits de l’homme et les normes de la démocratie; dans sa pire forme, l’intégrisme islamique préconise l’usage de la violence pour atteindre son but.
3. Il est regrettable mais indéniable qu’à l’heure actuelle, l’intégrisme islamique, en tant qu’idéologie, a prouvé qu’il exerce un pouvoir d’attraction sur certaines personnes. Les gouvernements européens et les communautés musulmanes européennes devraient travailler en étroite collaboration et en synergie pour neutraliser ce pouvoir d’attraction et prévenir son intensification vers le terrorisme.
4. L’Assemblée félicite les dirigeants, chefs d’opinion et organisations musulmans qui ont fermement et clairement condamné le terrorisme inspiré par l’intégrisme islamique et d’autres manifestations extrémistes, telles que les discours de haine de certains imams officiels ou autoproclamés ou d’autres personnalités musulmanes. De même, l’Assemblée salue les efforts déployés par les organisations musulmanes pour mettre en valeur la compatibilité entre l’islam en tant que religion et les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme, ainsi que leur action auprès de groupes particulièrement susceptibles de se radicaliser, comme les jeunes et les populations carcérales.
5. Parallèlement à ces efforts, il appartient aux gouvernements européens en particulier de s’attaquer aux causes qui forment le terreau fertile de l’extrémisme – pauvreté, discrimination et exclusion sociale; de garantir le plein respect de la liberté de pensée, d’expression et de religion, telle qu’énoncée dans la Convention européenne des Droits de l’Homme, et de contribuer à instaurer un climat de respect de toutes les religions quelles qu’elles soient, ou de l’absence de religion. A cet égard, les Etats membres du Conseil de l’Europe doivent continuer à être vigilants dans leur action de prévention et de lutte contre le phénomène de l’islamophobie.
6. En outre, les Etats membres du Conseil de l'Europe devraient prendre une série de mesures concrètes pour permettre aux migrants et aux citoyens issus de l’immigration, dont les membres de communautés musulmanes, de s'intégrer dans la société grâce à un accès libre de toute discrimination à l'emploi, à l'éducation, à la formation professionnelle, au logement et aux services publics. L'engagement et la participation active des migrants et des personnes d'origine immigrée dans la société doivent aussi être encouragés et soutenus par l'ensemble de la société qui doit faire davantage pour s'adapter à la diversité et supprimer les obstacles à l'intégration.
7. De même, comme l’Assemblée l’a déjà recommandé, les gouvernements européens, dans le but de créer une citoyenneté qui soit inclusive et participative, devraient remédier au fait que les immigrés et les citoyens issus de l’immigration jouissent actuellement de possibilités limitées de participer activement à la vie publique et politique. Sur le long terme, cette situation, due à des obstacles législatifs mais aussi sociaux, ne peut que renforcer les griefs et le sentiment d’injustice d’une partie de la population.
8. L’Assemblée salue l’initiative prise par deux Etats membres, l’Espagne et la Turquie, pour la création de l’Alliance des civilisations, et son acceptation de la part du Secrétaire général des Nations Unies, qui a désigné l’ancien Président du Portugal Jorge Sampaio en tant que haut représentant de l’Alliance des civilisations. L’Assemblée exprime également son soutien pour les activités entreprises jusqu’à présent dans ce contexte.
9. Compte tenu de ce qui précède, l’Assemblée invite les Etats membres du Conseil de l’Europe:
9.1. à prendre des mesures fermes contre la discrimination dans tous les domaines;9
9.2. à condamner et combattre l’islamophobie;9
9.3. à agir résolument contre les discours de haine et toutes les autres formes de comportement contraires aux valeurs fondamentales des droits de l’homme et de la démocratie, même lorsque les auteurs invoquent des motifs religieux pour tenter de les justifier;9
9.4. à lutter contre toutes les formes de discriminations et de violences (en particulier les mariages forcés, les mutilations sexuelles féminines, les crimes dits « d’honneur ») qui, au nom d’une interprétation erronée des textes religieux ou des coutumes, bafouent les droits fondamentaux des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes;9
9.5. à combattre toute forme de relativisme culturel ou religieux qui justifie des pratiques discriminatoires et des violations des droits de la personne humaine à l’encontre des femmes ou d’autres segments de la société;9
9.6. à veiller au strict respect des droits de l’homme et du principe de la primauté du droit dans la mise en œuvre des mesures antiterroristes;9
9.7. à promouvoir la cohésion sociale, l’intégration, la participation politique et civique des immigrés et des citoyens issus de l’immigration, y compris les femmes, notamment:9
9.7.1. en prenant une série de mesures concrètes pour permettre aux migrants et aux personnes issues de l'immigration de s'intégrer dans la société grâce à un accès équitable et libre de toute discrimination à l'emploi, à l'éducation, à la formation professionnelle, au logement dans des quartiers mixtes, aux services publics et grâce, à terme, à une participation démocratique par le biais de la citoyenneté;
9.7.2. en développant des activités spécifiques qui favorisent l'intégration et la tolérance chez les jeunes;
9.7.3. en signant et en ratifiant la convention européenne relative au statut juridique du travailleur migrant (STE n° 93);
9.7.4. en accordant aux immigrés en situation régulière le droit de vote et d’éligibilité, au moins aux élections locales et régionales, afin qu’ils puissent avoir une influence sur l’administration publique et les autorités au niveau local;
9.7.5. en signant et ratifiant la Convention sur la participation des étrangers à la vie publique au niveau local (STE no 144);
9.7.6. en encourageant la participation des personnes issues de l’immigration aux partis politiques, aux syndicats et aux organisations non gouvernementales;
9.7.7. en prenant toutes les mesures nécessaires afin d’éliminer l’inégalité des chances à laquelle les immigrés sont confrontés, y inclus le chômage et l’instruction inadéquate;
9.7.8. en supprimant tout obstacle juridique ou administratif sans objet à la construction d’un nombre suffisant de lieux de culte adaptés à la pratique de la religion islamique;
9.7.9. en s’assurant que les manuels d’école ne donnent pas de l’islam l’image d’une religion hostile ou menaçante;
9.8. à promouvoir et garantir des activités tendant à améliorer le statut et le rôle des femmes musulmanes en Europe et à dépasser les stéréotypes qui les enferment dans des rôles subordonnés et passifs, par exemple par le biais d’un enseignement approprié dans les écoles et la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation dans les médias;9
9.9. à surveiller le rôle joué par les Etats étrangers dans le financement des mosquées et la nomination des imams, afin de s’assurer que ces actions ne servent pas à promouvoir des opinions extrémistes;9
9.10. à soutenir la mise en place de formations, si possible universitaires, afin de former les imams localement;9
9.11. à encourager la tenue d’un débat public et ouvert à tous sur les répercussions que peut avoir leur politique étrangère sur le phénomène de la radicalisation;9
9.12. à encourager des projets informatifs sur la contribution de l’islam aux sociétés occidentales afin de surmonter les stéréotypes sur l’islam.1
10. L’Assemblée appelle les dirigeants et les personnalités qui influencent l’opinion à agir de façon responsable afin d’éviter d'encourager la discrimination et l’islamophobie.
11. En outre, l’Assemblée invite les organisations, les dirigeants et les chefs d’opinion musulmans européens:
11.1. à faire preuve d’un sens élevé des responsabilités lorsqu’ils s’expriment publiquement et à condamner clairement le terrorisme et l’extrémisme, en ayant conscience de l’influence qu’ils ont sur les communautés musulmanes;1
11.2. à encourager les musulmans à participer pleinement à la société sans mettre en question la laïcité de la société et des institutions du pays dans lequel ils vivent;1
11.3. à souscrire officiellement à la Convention européenne des Droits de l’Homme;1
11.4. à promouvoir la transmission des valeurs européennes fondamentales au sein des communautés musulmanes, et parmi les jeunes notamment, en mettant l’accent sur leur compatibilité avec la religion musulmane;1
11.5. à veiller à ce que les valeurs européennes fondamentales soient également enseignées dans les écoles religieuses musulmanes;1
11.6. à encourager les jeunes musulmans européens à devenir imams;1
11.7. le cas échéant dans le cadre d’une coopération avec d’autres organisations ou avec les autorités locales ou autres, à mettre en place des projets visant à réduire le risque de radicalisation de la jeune génération et des populations carcérales;
11.8. à encourager les médias à rendre compte de façon équitable de la réalité musulmane et des opinions des musulmans, en veillant notamment à donner la parole aussi aux modérés;1
11.9. en collaboration avec les organisations de médias, à élaborer des lignes directrices éthiques pour lutter contre l’islamophobie dans les médias et en faveur de la tolérance et de la compréhension culturelles;
11.10. à encourager le développement d’une intelligentsia laïque
